Chronologie du Duché de Normandie (911-1469)

911 :   1154 :   1204 :   1419 :   1422 :   1449 :  

La province romaine de deuxième Lyonnaise, constituée au IIIe siècle autour de Rouen comprend neuf cités : Rouen, Bayeux, Avranches, Evreux, Sées, Lisieux, Coutances, Lillebonne et Exmes.

L' organisation du royaume mérovingien fait des sept premières des comtés du  royaume de Neustrie et l' évangélisation les met au rang d' évêchés.

Les Vikings ou Normands apparaissent avant 800 et pillent la région en remontant les fleuves côtiers, la Seine et ses affluents tout au long du IXe siècle malgré le pont fortifié de l' Arche (édit de Pîtres, 864).

L' implantation des Bretons de Salomon en Cotentin (867) ayant montré son efficacité contre les vikings, on imagine de sédentariser une tribu normande par des concessions territoriales qui en feraient les défenseurs du pays.

911 : Le traité de Saint-Clair-sur-Epte donne au chef norvégien Rollon  les comtés de Rouen, Lisieux et d' Evreux, moyennant son hommage à Charles le Simple et le baptême.

924 : Le roi Raoul doit concéder à Rollon les diocèses de Sées, du Mans et de Bayeux pour que celui ci lui prête à son tour l' hommage.

933 : Le fils de Rollon, Guillaume Longue Epée négocie son propre hommage en échange des diocèses de Coutances et d' Avranches où il doit en chasser les bretons. La Normandie correspond alors à l' ancienne province romaine de deuxième Lyonnaise et est définitivement érigée en duché sous Richard II (+ 1026).

La romanisation linguistique des normands se fait très rapidement, le parler de la région conservant tout un vocabulaire nautique d'origine scandinave.

Le duché passe aux descendants directs de Rollon jusqu' à Robert le Magnifique (+ 1035).

Son fils illégitime Guillaume le Bâtard fait face à une crise politique de succession, puis restaure le pouvoir ducal dont la solidité lui permet d' accepter, vers 1050, la promesse d' héritage que lui fait son cousin le roi d' Angleterre Edouard le Confesseur.

1050 : Guillaume le bâtard épouse Mathilde, fille de Baudouin V, comte de Flandre  

A la mort de celui (5 janvier 1066), Guillaume conduit en Angleterre une expédition, défait à Hastings (14 octobre 1066), son concurrent le comte Harold, qui s' était rapidement fait élire roi, et se fait couronner à Westminster. Cet épisode est décrit par la Tapisserie de la reine Mathilde.

Le coeur de l' état nouveau demeure la Normandie. Le file aîné de Guillaume, dit alors le Conquérant, Robert Courteheuse, reçoit le duché, le cadet Guillaume le Roux, le royaume insulaire. Le troisième fils Henri Beauclerc (+ 1135) succède à son aîné Guillaume, mort en Croisade (2 août 1100), puis se saisit de la Normandie en écrasant son cadet Robert à Tinchebray (1106).

Robert mourra en prison en 1134. Son fils Guillaume Cliton sera l' homme de Philippe Auguste dans la succession de Flandre   .

Le Naufrage de la Blanche Nef (1120) prive Henri 1er Beauclerc de son unique fils et héritier. Veuve en 1125 de l' empereur Henri V, sa fille et héritière Mathilde épouse en 1128 Geoffroy Plantagenêt, héritier d' Anjou   .

Geoffroy (+ 1151) puis son fils Henri II doivent affronter Etienne de Blois  (+ 1154) qui hérite de l' Angleterre par sa mère Adèle, fille du Conquérant.

Celui-ci fini par reconnaître Henri II comme successeur (1154). Ce dernier se trouve donc maître de l' Angleterre, de la Normandie et de l' Anjou alors qu' il vient d' épouser (1152) la duchesse Aliénor d' Aquitaine .

L' Etat Plantagenêt   dont la Normandie constitue le pivot et le point le plus fort ne dure que jusqu'à la conquête du duché (1202-1204) et de l' essentiel de l' Aquitaine (1214) par Philippe Auguste .

Celui-ci a l' intelligence de ne pas bouleverser les institutions normandes et confirme le rôle de l' Echiquier, ce qui garantit la prospérité de la Normandie capétienne durant tout le XIIIe siècle.

Cependant l' ambiguïté des lignages aristocratiques et la fragmentation du duché en apanages en fait au XIVe, une terre de complots, à l' instigation de Charles le Mauvais , comte d' Evreux et roi de Navarre, et du baronnage anglo-normand, Harcourt   en tête.

Edouard III renonce finalement à revendiquer la Normandie (1360) tandis que Charles V (1365) supprime le titre de duc.

Mais Henri IV de Lancastre reprend les hostilités, ravage le pays de Caux dès 1403, brûle Fécamp   en 1410, ruine le Cotentin en 1412.

Après Azincourt (1415), la conquête est systématique, Rouen tombe en dernier (19 janvier 1419). L' occupation anglaise commence alors à apparaître comme étrangère, les complots contre le régent Bedford   se multiplient et la résistance s' organise, soutenue à partir de 1430 par les compagnies de Charles VII   .

A partir de 1435, l' insurrection devient générale, Charles des Marets prend Dieppe  , ce qui conduit Bedford   à accepter les trêves de Tours en 1444.

Mais une malencontreuse action des anglais contre Fougères ravive les hostilités en 1449. Appuyés désormais par le duc de Bretagne , les insurgés livrent Rouen au Roi de France le 29 octobre.

Débarquée à Cherbourg   , une armée anglaise de secours est écrasée à Formigny par les armées réunies du comte de Clermont et du connétable de Richemont   (15 avril 1450). Caen capitule le 1er août, Cherbourg le 12.

La Normandie est ensuite très fidèle au roi de France. Elle aide notamment Louis XI contre la Ligue du Bien public (1465). Mais celui-ci donne le duché à son frère Charles, lequel accumule les maladresses et établit en fait à Caen le pouvoir de son allié le duc de Bretagne. Le roi en tire les conséquences et fait briser en 1469 le sceau de Normandie. Le titre de duc est par la suite donné à des enfants de France, sans le moindre pouvoir réel.


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