Catherine de Médicis


Les origines de la famille Medicis
Catherine, dauphine de France
Les parents de Catherine
Catherine, reine de France
Catherine, reine mere




LES ORIGINES

A l’origine, les Médicis étaient des marchands enrichis que la faveur populaire a hissé au premier rang. Ils n'appartenaient pas à la noblesse florentine. Leur nom vient très certainement du mot "médecin" leurs ancêtres ayant exercé la médecine. Ils revendaient aussi les médicaments. Ils étaient en fait plus apothicaires que médecins. Quoi qu'ils aient été, ils devinrent très riche ce qui leur permit de se lancer dans le commerce à grande échelle. Des lors, ils devinrent immensément riches. Florence était alors une république oligarchique, gouvernée par les riches familles locales. Mais les Médicis n'en faisaient pas partis. Ils décidèrent donc de faire pression sur le peuple pour qu'ils les mènent au pouvoir. Ils y réussirent et devinrent les maîtres de la ville avec Come l'ancien. Il avait établi un empire commercial sur l'Europe. Cela lui permettait de prêter de l'argent aux rois. Cette situation dura jusqu'à Laurent le magnifique. En effet, Laurent, petit fils de Come, fils de Pierre le goutteux, échappa de justesse à une conspiration où son frère trouva la mort. Il laissa à son fils une situation politique assez désespérée. La petite république subit de graves soubresauts, en partie à cause des guerres d'Italie. Les Médicis sont tantôt chassée, tantôt rappelés au pouvoir. Cette situation durera jusqu'en 1531, où un Médicis, le pape Clément VII, transformera la république en duché. Les Médicis deviennent maintenant les maîtres héréditaires de Florence. Et cela durera deux siècles. Mais remontons un peu dans le temps, en France, sous le règne de Louis XI. La maison de France est en conflit avec la maison d Bourgogne. Les causes et les événements étant si nombreux, nous ne nous disperserons pas à les commenter en integralité. Il faut savoir que la bourgogne est dirigée par Charles le téméraire, descendant d'un fils de Jean II à qui on donna la Bourgogne en récompense de son grand courage lors de batailles. Charles le téméraire est donc en guerre avec Louis XI. La guerre coûtant très cher, il a besoin d'être financé. Il trouvera le crédit nécessaire chez Pierre le goutteux, fils de Come l'ancien et père de Laurent le magnifique. Apres d'importantes négociations, Louis XI persuade Pierre le goutteux de ne plus financer Charles. En compensation, la France devient la protectrice de Florence. Louis XI autorise même les Médicis à rajouter trois fleurs de lys à leur emblème. Une alliance historique vient d'être celée. Les campagnes italiennes de Charles VIII avaient été fatales au fils de Laurent , Pierre le malchanceux. En 1494, un moine fanatique, Savonarole le chasse de la cité. Pendant quatre ans, Florence vivra une dictature théocratique qui lui fera regretter les fastes de Laurent le magnifique. Le moine finira pendu, puis brûlé place de la signoria. Florence redeviendra république oligarchique jusqu'au campagnes italiennes de Louis XII. En effet, ces campagnes françaises permirent au Médicis de reprendre la tête de la cité. Mais la situation n'est plus la même. En effet, les Médicis ont un allié de poids : le saint siège.
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LES PARENTS DE CATHERINE

Jean de Médicis, frère de Pierre le malchanceux, est élu pape sous le nom de Léon X. Il décide de prendre en main la destinée de sa famille. Il négocie avec le roi de France François 1er, le mariage de son frère julien avec philiberte de Savoie, tante du roi de France. Malheureusement, julien mourut un an après le mariage. Il ne reste plus à Leon X que Laurent, fils de Pierre le malchanceux. Il le fait reconnaître par le peuple florentin comme chef de la république et lui donne le duché d'Urbino pour qu'il ait un titre héréditaire. Il ne manque plus à Léon X que trouver un parti avantageux à lui donner en mariage. Il négocie avec François 1er la main de marguerite de la tour d'Auvergne, fille de Jeanne de bourbon-vendomme et de jean, comte d'Auvergne et de Boulogne. Marguerite avait quelques gouttes du sang de Saint Louis par sa mère. Le mariage eut lieu en 1518. Les époux rentrèrent à Florence où Madeleine accoucha d'une petite fille : Catherine. Malheureusement, madeleine mourut des suites de l'accouchement. Laurent la suivit de très près, atteint d'une tuberculose avancée. La petite Catherine se trouva orpheline avant même d'avoir un mois.
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L'ENFANCE
Elle fut conduite à Rome où son grand oncle, le pape Léon X prit soin de son éducation. Les accords passés lors du mariage de ses parents furent annulés du fait de la mort du jeune couple. Le pape fit juste semblant de soutenir la candidature de François 1er mais il montra une joie illimitée lorsque l'empire reprit le milanais. Il fut si heureux que l'on dit qu'il est mort de joie. Il décéda donc laissant Catherine à Rome. Le nouveau pape, un flamand inféodé à l'empereur ne siégea que quelques temps. Cela suffit pour que Catherine perde son duché d'Urbino. Heureusement pour elle, Jules de Médicis fut élu pape sous le nom de Clément VII. Il avait avec lui Catherine et deux neveux, Hippolyte et Alexandre. Il décida d'envoyer les jeunes Médicis à Florence, pour reprendre la tête de la petite république. Quelques temps plus tard, François 1er connut le terrible désastre de Pavie. Clément VII fut effrayé par la puissance de l'empereur et organisa une ligue pour le perdre. Malheureusement, l'empereur eut vent de cette ligue et abandonna le pape aux mercenaires de l'empire, dirigés par le connétable de Bourbon. S'en suivit le célèbre sac de Rome. La puissance des Médicis s'en trouva terriblement amoindrie. Florence en profita pour se rebeller. Elle expulsa les deux jeunes garçons mais retint Catherine en otage. Elle fut d'abord placée dans un couvent, élevée par des religieuses. Le pape, réconcilié avec l'empereur, exigea la libération de sa nièce. Devant un refus de Florence, les troupes impériales et pontificales assiégèrent la ville. La haine des Médicis explosa dans la ville. On parlait de livrer Catherine à la prostitution, de l'exposer nue sur les remparts de la ville aux boulets de son oncle. Un émissaire des chefs de la cité assiegée vint la chercher au couvent. Elle se sentit perdue. On l'habilla en religieuse et on lui coupa les cheveux afin que les persécuteurs hésitent à toucher une religieuse. Lorsque l'émissaire la vit elle était prête à hurler, griffer se battre pour se défendre ( elle avait onze ans). Il la rassura et lui dit qu'il voulait juste la transférer dans un couvent au centre de la ville. Quinze jours après, la ville, à bout de résistance, se rendit. Catherine était saine et sauve. Elle n'oublia rien des insultes, ni de la peur, ni des menaces. Elle n'oublia pas non plus les services rendus. Elle fit libérer l'émissaire qui eut pitié d'elle et garda un souvenir attendri des religieuses qui l'avaient défendue. Le pape, lui, récupéra sa nièce. Il avait à nouveau ses trois jeunes représentants de la famille Médicis donc Catherine était la dernière représentante de la souche principale. Il pouvait donc se livrer à de nouveaux projets. Il imagina marier Alexandre à une archiduchesse autrichienne, Hippolyte devenir cardinal et Catherine épouser le cadet des fils du roi de France. Nous nous interesserons au devenir de Catherine.
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CATHERINE, PRINCESSE DE FRANCE
Les pourparlers du mariage restèrent secret. Le pape s'engageait à aider François 1er à reconquérir le milanais et gênes en échange du mariage. L'empereur eut vent des tractations mais ne crut pas à une union si disproportionné. Lorsque la stratégie du pape apparut au grand jour, l'empereur protesta mais il était trop tard. La colère de l'empereur donna le sentiment à François 1er d'avoir fait une bonne affaire. Le mariage eut lieu en 1533. Catherine arriva en France sur une flotte de dix huit galères. Le pape vint en personne assister au mariage. Les choses furent faites dans les règles. On commença par signer un traité d'alliance. Ensuite on signa le contrat de mariage. Puis, enfin, on procéda à échange des consentements. Le roi de France réussit à faire nommer quatre cardinaux français mais le pape refusa de consentir au divorce du roi d'Angleterre, consentement qui aurait fait de Henri VIII l'obligé de François 1er. A minuit, on conduisit les deux nouveaux mariés à la chambre nuptiale, non sans crainte car ils n'avaient que quatorze ans. On raconte que le roi assista à leur première joute afin de les encourager. Au lendemain, le pape se rendit dans la chambre nuptiale afin de constater la consommation du mariage. Il les trouva "content l'un de l'autre". Il put regagner Rome tranquille, Catherine n'étant plus repudiable. Des son retour à Rome, Clément VII assura l'empereur qu'il n'avait nullement l'intention de tenir ses promesses envers François 1er. Les promesses du pape étaient donc caduques mais Catherine était déjà mariée. Un an après le mariage, Clément VII décéda, ce qui évita à François 1er la déconvenue de voir les accords signés non respectés. L'effondrement de ses espoirs lui arracha la phrase : "j'ai eu la fille toute nue". Pourtant, Catherine s'entends à merveille avec François 1er. Ils s'estiment mutuellement. Par contre, les rapports entre Catherine et son mari restent plus lointains. En effet, Henri est tombé éperdument amoureux de Diane de Poitiers. Un événement majeur est en préparation : la mort de François, le fils aîné de François 1er va propulser Henri à la place de dauphin et Catherine à celle de future reine de France. La petite duchesse a gravit les échelons hiérarchiques à une vitesse fulgurante.
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CATHERINE, REINE DE FRANCE
Mais elle reste toujours dans l'ombre de Diane de Poitiers. Cette mise a l'écart va s'accentuer à la mort de François 1er, lorsqu'elle deviendra reine mais que Diane sera la favorite du roi Henri II. De toute la vie de Henri, elle restera la reine en titre mais le coeur et la raison de Henri ne battrons que pour Diane. Catherine est très intelligente, plus mure que beaucoup d'adultes et saura attendre son heure. Elle donnera dix enfants à Henri II dont trois rois de France : François II, Charles IX et Henri III, une reine de France, marguerite de valois, dite la reine Margot et une reine d'Espagne, Elisabeth. Elle saura ravaler toutes les insultes infligées par sa situation de femme trompée officiellement. Seule la mort prématurée de son mari fera d'elle la reine mère et lui permettra de se venger de Diane, qui se retrouve sans protecteur. Elle bannira Diane dans un de ses châteaux avec l'interdiction de réapparaître. Diane devra rendre tous les bijoux que lui avait offert Henri. Ce n'est que maintenant que la véritable intelligence de Catherine allait paraître aux yeux de tous, malheureusement en pleine période de guerre civile en France. Nous sommes là en pleines guerres de religion.
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CATHERINE, REINE MERE
En 1559, à la mort de Henri II, son fils François II règne un an. A la mort de celui-ci, c'est Charles IX, son frère qui monte sur le trône. Catherine assure la régence du royaume les premiers années. Elle fut d'abord tolérante envers les protestants. La réaction ne se fit pas attendre, elle se mit à dos les princes catholiques. Ils déclenchèrent la première guerre de religion après le massacre de wassy et la forcèrent à se tourner contre les reformés. Aprés la mort d'Antoine de bourbon, du maréchal de Saint André et du duc de guise, elle revint à une politique de conciliation, illustré par l'édit d'Amboise. Elle subit la pression du roi d'Espagne Philippe II et du pape qui voulaient la forcer à pourchasser les reformés. Mais, la révolte des reformés, menée par Coligny et Condé l'amena à changer de politique. Elle fit battre les reformés a Jarnac et à Montcontour, ou furent tués condé et d'andelot. Elle traita avec les reformés et accepta même que coligny entre au conseil. Coligny réussit à gagner la confiance de Charles IX au point d'avoir un réel ascendant sur lui. Il le convainquit d'entrer en guerre avec l'Espagne. Catherine craignant d'être écartée du pouvoir ordonna l'assassinat de coligny. Une première tentative échoua le jour du mariage de marguerite avec Henri de Navarre. Une grande représentation de reformés se trouvait à paris pour l'occasion. Suite à cet assassinat manqué, elle donna les pleins pouvoirs à de guise pour se débarrasser des huguenots. S'en suivit le massacre de la saint barthelemy (24 août 1572) qui se traduisit par la mort de plusieurs milliers de protestants tant à paris qu'en province. A partir de l'avènement de Henri III, Catherine se consacra uniquement à maintenir la paix entre Henri III, son frère, le duc d'Alençon et Henri de bourbon. Elle ne participa pas à l'assassinat des guise en 1588. Elle mourut le 5 janvier 1589, après avoir assuré la survie de la monarchie au terme de trente années de luttes incessantes. Le tombeau de Henri II et de Catherine de Médicis, à saint Denis, a été réalisé sur les dessins du Primatice.
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