Saint-Haon-le-Châtel - Loire, ar Roanne, ch.-l. c.

Ville de Saint-Haon-le-Châtel : d'argent au lion de gueules (JMF).


  Illustration de l'Armorial de Guillaume Revel, Copyright - La Diana -

Village et castrum comtale du Forez dès le Xe siècle : Cette possession fut confirmée par la charte de fondation de l'Abbaye d'Ambierle par Artaud, comte de Forez en ce château datant de 902 (Prajoux). Le château fut reconstruit au XIe siècle pour faire face à la forteresse du Crozet tenue par les vicomtes de Mâcon. La garde en fut confiée successivement à deux branches cadettes des deux premières maisons de Roanne. La seconde deviendra de Roanne Saint-Haon éteinte vers 1325.

La juridiction partagée entre les Roanne et les Roanne Saint-Haon, s'étendait sur le territoire compris entre Ambierle, Renaison et Beaulieu jusqu'aux portes de Roanne.

En 1239 Guy IV de Forez récupèra par échange la moitié indivise tenue par la maison de Roanne et devient co-seigneur de Saint-Haon.

En 1270, Renaud de Forez octroya une chartre de franchise aux habitants de Saint-Haon qui dépendaient directement de lui. Il était précisé que "les hommes levants et couchants des deux frères (Guillaume et Artaud de Saint-Haon), jouissent du bénéfice de la chartre pour les biens situées dans les limites de la franchise".

La fidélité des partis à cette chartre fut consacrée par des serments solennels des vassaux du comte en cette seigneurie : L'abbé de la Bénissons-Dieu, le doyen du chapitre de Montbrison et le grand official de Lyon y apposèrent leur sceau aux côtés de celui de Renaud.

En 1291, cette chartre confirmée par Jean 1er, autorisa les habitants à élire quatre consuls mais l'exécutif et la justice restaient du ressort du capitaine-châtelain, assisté d'un prévôt. Elle autorisait également la ville à se protéger elle même et une seconde enceinte fut construite entre 1295 et 1340.

A l'extinction des Saint-Haon en 1325, leur part passa par mariage à Guy III de La Perrière qui semble  l'avoir confiée un temps à Guillaume de Brancion-Salins. La co-seigneurie suivit alors le destin des terres roannaise de cette famille acquises successivement par les Damas-Couzan, Lévis-Couzan, Jacques Coeur, Gouffier, jusqu'à François d'Aubusson, duc de La Feuillade, qui réuni les deux co-seigneuries de Saint-Haon en 1667.

Pendant la Guerre de Cent Ans, la ville fortifiée sur sa motte sort ira indemne des diverses traversées des routards anglais et des écorcheurs locaux qui se joignent à eux. En revanche les terres situées en aval, en particulier celles de Renaison seront mises plusieurs fois à feu et à sang.

En 1440 l'enceinte de la ville est durement mise à l'épreuve lors de la Praguerie : Charles VII bombarde la ville rebelle jusqu'à obtention de l'hommage de ses vassaux. C'est pendant cette campagne que Jacques Coeur visita le pays et acheta la co-seigneurie de Saint-Haon et de Roanne à Eustache de Lévis-Couzan.

Un siècle de prospérité s'écoule jusqu'aux guerres de religion où tout le pays roannais est victime des mouvements de troupes des ligueurs et des réformés. En 1576, les habitants de Saint-Haon évitent une première fois le pillage par les hommes du prince de Condé en payant une forte rançon. Mais en 1593, un capitaine royaliste s'en empare, s'installe et la pille pendant plus d'un mois.

A partir d'Henry IV, le rôle administratif, militaire et judiciaire de la ville diminue progressivement au profit de sa voisine et rivale Roanne.

En 1515, cette tendance se confirme lors de la réunion des deux co-seigneuries de Saint-Haon par guillaume Gouffier.

En 1677, le duc de la Feuillade acheta au roi, par voie d'engagement, les châtellenies royales de Saint-Haon, Saint-Maurice et Crozet qui formaient ce qu'on appelait le parfait duché du Roannais.

L'énumération de la noblesse de Saint-Haon et sa topographie historique à la fin du XVIIe siècle  nous est donné lorsque François d'Aubusson, duc de la Feuillade et du Roannais reçoit  entre 1677 et 1685 foi et hommage, aveux et dénombrement de ses vassaux, possédant fief dans la châtellenie de Saint-Haon* :

En 1688, François d'Aubusson La Feuillade échange la terre de Saint-Cyr contre la châtellenie de Cervières et plusieurs autres seigneuries. Il obtient également de transférer à Roanne le siège et la justice de ses quatre châtellenies et d'en faire exercer les offices par les juges du bailliage ducal.

C'est un coup mortel pour les chefs-lieux de ces châtellenies. Saint-Haon décline définitivement au profit de Roanne. Sa physionomie reste alors inchangée jusqu'en 1772, date à laquelle les fossés sont comblés et les murs en grande parti démolis.

Devenu en 1790, chef lieu d'un canton du district de Roanne, elle conserve ce titre de nos jours.

Parmi les habitations anciennes, trois sont particulièrement dignes d'attention : l'Hôtel de Ville, la maison de l'évêque et celle de la "fleur de lys" :

L'hôtel de Ville est un manoir de la fin du XVe siècle. Le tympan ogival de la porte est sculpté d'un écusson aux armes et devise de Jean Pelletier de Renaison. C'est dans ce beau logis de la Prévôté que serait descendu François 1er quand en 1534, il vint prendre possession du comté de Forez.

La maison de l'Evêque, contre la motte du château, fut la résidence des seigneurs successifs de Saint-Haon : La Perrière et Lévis-Cousan, puis de  l'évêque Jean II de Boisy, évêque d'Amiens.

Le logis de la Fleur de Lys est un manoir des Lissieu du début du XVIe siècle.


Sources : Prajoux p. 51 et suivantes, BGR p. 480

* Voir Prajoux p. 63 et suivantes.