Maison des Le Blanc - Vicomtes héréditaires du Mâconnais (1037-1220).


D'or à l'aigle déployée de sable

Armes attribuées à Artaud Le Blanc dans le logiciel Croisades ( Index + - France Telecom Multimedia 1999). En fait il est fort probable que les Le Blanc n'ai jamais portés d'armoiries particulières. Le blason imaginé est toutefois crédible. Il apparaît comme une brisure des comtes de Mâcon. "De gueules à l'aigle d'argent "auraient constitué des armes plus parlantes mais elles étaient déjà portées par ces comtes.

Jouffroy d'Eschavannes donne "D'or à une aigle de gueules" pour le patronyme Le Blanc sans préciser l'origine.


La famille de Le Blanc était originaire des environs de Briennon, sur la rive gauche de la Loire, soit dans l'ancien Comté de Forez-Lyonnais. Il semble qu'elle descende de Froilan le Blanc, deuxième baron de Semur-en-Brionnais.

  1. Walter, seigneur de Briennon vers 892.
  2. Hugues 1er, seigneur de Briennon, mentionné en 1037 dans un acte passé par son petit-fils, est peut-être le vicomte de 958.
  3. Artaud, connu également par l'acte de 1037.
  4. 1037 - Archimbault (+1040), seigneur de Dun, qualifié vicomte du Mâconnais dans un acte de 1037. Avant de partir en pèlerinage à Jérusalem en 1036, il fit donation sous condition à Cluny, d'un domaine à Vigousset (Montmélard) ainsi que l'église de Saint-Laurent (Saint-Laurent-en-Brionnais). En 1039, il donna encore le domaine de Vigneau (alias Joux), situé également à Semur-en-Brionnais. Il eut deux fils qui suivent.
  5. Il semble que cette génération ait marquée l'apogée de la vicomté. La vicomté s'étendait au nord depuis la Buissière dans la vallée de la Grosne jusqu'à Châteauneuf dans la vallée du Sornin et aussi plus à l'ouest sur Bois-Sainte-Marie et Marcilly, avec les forteresses de Montmelard, Chevagny le Lombard, La Bussière, Bois-Sainte-Marie, Châteauneuf. La forteresse de Dun en était la pièce maîtresse. Outre-Loire, Les Leblanc possédaient également des biens dans le nord du Roannais. Pour les protéger, le château du Crozet fut constuit vers 1078.
    1. 1040 - Hugues II, bienfaiteur de l'Abbaye de Saint-Rigaud (Ligny-en-Brionnais). Eut un fils, Archimbaud.
    2. 1067 - Artaud Le Blanc, fondateur du monastère de Saint-Cyr-sur-Crozan, dépendant de celui de Saint-Rigaud. Il donna au nouveau monastère, sur sa part d'héritage, l'église de Matour, et un domaine situé à Vicelaire (Gibles). Il fit également donation d'un quart de l'église de Bois-Sainte-Marie et de la terre appartenant à cette église, au prieuré de Paray. Eu également un fils, Artaud.
  6. La décadence au profit des sires de Beaujeu commença à la génération suivante. Les descendants d'Hugues II ne firent plus de dons aux abbayes. Pire, profitant de l'absence des seigneurs voisins, ils s'adonnèrent à plusieurs reprises au pillage des biens de l'église que leurs ancêtres avaient si souvent comblé. Cette attitude motiva l'intervention de Philippe Auguste en 1180.
    1. 1100 - Archimbaud II, fondateur de l'hôpital d' Aigueperse en 1100, céda à Guichard III de Beaujeu des terres à Montagny près de Roanne et lui donna en alleu le château de Chavanisat.
    2. 1115 - Artaud III vendit après cette date à Guichard de Beaujeu la moitié du château de Riotier en Dombes.
  7. Archimbaud III. Fils d'Archimbaud II. Il fit le voeu de partir en Terre Sainte. Sans doute pour expier ses méfaits à l'égard de l'Eglise. Pour ce faire, il engagea en 1137 auprès d'Humbert III de Beaujeu ses possessions sur la rive droite de la Loire, son château de Chevagny (Aigueperse), et sa terre de Châteauneuf. Il était stipulé qu'Archimbaud seul ou son fils, pourrait dégager ses biens, lesquels seraient dévolus au prêteur, au cas ou Archimbaud mourrait sans enfants légitimes. Mais il eu au moins un fils .
  8. Itier. Sans doute fils du précédant. Apparaît dans l'acte de fondation de l'Abbaye de La-Bénisson-Dieu en 1138. (BGR) p 557. 
  9. Artaud III, dernier vicomte du Mâconnais, n'était plus maître, sur la rive droite de la Loire que de ses forteresses de Dun et de Châteauneuf. De concert ou en conflit avec avec les grands féodaux voisins, le comte de Chalon, le comte Girard de Mâcon et Humbert IV de Beaujeu, il se livrait au pillage des abbayes et était en conflit permanent avec les évêques de Lyon, Mâcon et Autun au sujet des ses méfaits vis à vis de l'Eglise. Une dernière alliance entre les quatres barons motiva l'intervention de Philippe Auguste en 1180. Après une brève campagne qui se termina par la prise de Dun, les premiers durent se soumettre. Artaud, le moins riche d'entre eux, qui paradoxalement avait en Dun la meilleure forteresse de la région, ne se releva pas de cette intervention royale. Il partit pour la Terre Sainte, après avoir remis sa terre et ses châteaux à Girard de Mâcon. Au cours de ce voyage , artaud serait tombé dans le plus extrème dénuement avant de mourir près de Gênes. Le titre de Vicomté de Mâconnais n'apparaît plus après cette date.

Artaud eu deux fils, Renaud et Ulric Le Blanc qui, ruinés, durent vendre le dernier château du Crozet à Guy IV comte du Forez en 1220. Cet acte est le dernier où la maison des Le Blanc apparaît.


Sources : Perche CLC et RSB, Bernard, BGR p557.